La culture & la créativité comme image de marque

Quelques passages de l’article L’exportation culturelle, nouveau tremplin des gens d’affaires de Valérie Lesage publié dans Les Affaires . 28-05-2012

« L’industrie culturelle est en croissance et son apport dans l’économie est plus important que celui du secteur minier. Elle définit de plus en plus l’image du Québec à l’étranger, au grand bonheur de nos gens d’affaires… »

«La culture est en train de devenir notre marque de commerce la plus respectée, pense le président de la SODEC, François Macerola. Oui, il y a d’autres domaines où le Québec joue un rôle important dans les milieux économiques, mais quand on parle du Québec, ce qui vient en premier, c’est le Cirque du Soleil, Céline Dion, Juste pour rire, le Festival international de jazz de Montréal ou Leonard Cohen.» Gilbert Rozon, le président du Groupe Juste pour rire.

«Nos figures emblématiques renvoient une image de ce que nous sommes vraiment, un pays moderne et créatif. Elles nous forgent une réputation de sophistication. Plus nous avons d’artistes, moins notre société est perçue comme folklorique», note François Colbert, expert du branding et titulaire de la Chaire en management culturel des HEC.

« Pour promouvoir le savoir-faire québécois, je parle de la créativité québécoise. LeCirque du Soleil, ce n’est pas que des acrobaties, c’est une expertise sur le plan de la mise en scène et de l’art du costume. Nous avons cela, et en plus, nous avons des films qui s’exportent, nous avons des firmes comme Moment Factory, nous avons le Festival de jazz. Séparément, c’est cute, mais dans son ensemble, tout cela reflète une grande créativité», juge Hans Fraikin, du Bureau du cinéma et de la télévision. Il souligne que Montréal, grâce à sa trentaine de sociétés de production d’effets visuels, dont plusieurs négocient avec Hollywood, est le septième centre en importance à l’échelle mondiale dans ce domaine et le troisième centre pour le jeu vidéo, qui a de plus en plus d’affinités avec le cinéma. »

Une image de marque

L’exportation de notre culture remonte à Félix Leclerc. Depuis, le Québec a toujours eu des figures de proue ; pensons à Gilles Vigneault, aux cinéastes Gilles Carle et Denys Arcand, à Luc Plamondon et à Starmania, à LaLaLa Human Steps, à l’Orchestre symphonique de Montréal ou à Michel Tremblay. Mais l’effervescence des dernières années est sans précédent.

Paul Dupont-Hébert reconnaît d’emblée que le modèle québécois en matière culturelle a porté ses fruits. Car ce qui a permis l’éclosion et l’exportation des talents, c’est une offensive tous azimuts depuis la Révolution tranquille pour stimuler la création, la diffusion et l’édition. Sans Télé-Québec, Radio-Canada, la SODEC et le Conseil des arts et des lettres du Québec, on ne parlerait sans doute pas de la culture québécoise à l’étranger.

Non seulement elle est intégrée dans la société, mais l’industrie culturelle est en croissance et son apport dans l’économie du Québec, 10 milliards de dollars (4,1 % du PIB), est plus important que celui du secteur minier (1,6 % du PIB). Selon la SODEC, au Québec, 130 000 emplois dépendent de la culture, dont 70 % sont concentrés à Montréal. Et la culture ne rapporte pas qu’à ses créateurs et à ses diffuseurs, elle est aussi un atout important pour les milieux d’affaires.
«Je pense qu’elle crée un espace relationnel qui est bon pour l’économie, parce que les gens se disent que si nous sommes créatifs sur le plan culturel nous le serons dans d’autres secteurs. Notre économie repose sur les ressources naturelles, ça nous colle à la peau, mais aujourd’hui, nous voulons vendre des technologies, alors nous avons besoin de nos créateurs contemporains pour en rendre compte», soutient Simon Brault, président de Culture Montréal et auteur du livre Le facteur C.

Avec autant d’artistes connus à l’échelle mondiale, Simon Brault estime que le Québec est bien outillé, mais il considère «inimaginable» que Montréal parvienne à se classer parmi les grandes métropoles culturelles du monde comme New-York, Paris ou Berlin, sans une contribution plus importante du secteur privé, qui plafonne actuellement à 21 %.

«Ce serait intéressant que la culture devienne la synthèse, l’intégrateur des autres secteurs d’activité de la ville. Que la culture serve de révélateur des autres dimensions économiques et historiques de Montréal.»

 

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